dimanche 28 mars 2021

Troisième Dimanche du temps de Carême

 

Textes : Ex 20,1-17 ; Ps 18 ; 1 C0 1, 22-25 ; Jn 2, 13-25

Frères et sœurs en Christ, en ce 3ème Dimanche du temps de Carême, nous entrons avec Jésus au Temple de Jérusalem. Des choses vont se passer. Une opération mana mana va se dérouler. Ça va chauffer. Et pourquoi ?

Le temple est devenu un “centre commercial” à but liturgique. Jésus est choqué. Il se transforme en service d’ordre divin pour mettre de l’ordre dans le Temple. L’imagerie chrétienne ne s’est pas privée de représenter cette scène haute en couleur et en mouvements. Jésus, en colère, gros fouet en main, pénétrant dans le parvis du temple, chassant les marchands de colombes, de bœufs et de brebis, jetant par terre les tables des changeurs et renversant les comptoirs. Je suis étonné que les marchands se laisse malmener littéralement sans réagir.

Les marchands de colombe sont traités avec beaucoup plus de gentillesse : « Enlevez cela d’ici ». Sans doute parce que les colombes étaient le « sacrifice des pauvres », le sacrifice de ceux qui, comme Marie et Joseph jadis, ne pouvaient pas se payer brebis et bœuf. Le Christ a déjà opté pour les pauvres, à qui le Royaume des Cieux appartient.

Les vendeurs et les changeurs n’étaient pas nécessairement de mauvaises personnes, des impies ou des cupides. Ils rendaient en réalité un service considérable aux fidèles qui venaient pour « offrir un sacrifice ». Jésus leur reproche de ne pas respecter ce lieu hautement sacré qui est la maison de Dieu. Mais au-delà de ces pauvres agents de commerce et de business, Jésus dénonce un système, celui de la cupidité et du profit déguisée en actions liturgique et sacrificielles, orchestré et savamment entretenu par les véreux chefs du peuple juifs : les grands prêtres, les docteurs de la loi et les pharisiens, sans aucun égard pour le saint sanctuaire. Le Temple est l’orgueil et la fierté de tout bon juif. C’est le lieu de la présence effective et affective de Dieu, le lieu par excellence pour adorer Yahvé, dans l’espérance d’être exaucé. Mais le Temple vient d’être profané et est devenu une maison d’idoles où l’homme détourne son cœur de Dieu au profit de choses bassement terrestres et périssables : ici, la marchandise, l’argent, les ruminants. L’idole est vraiment ce qui occupe et préoccupe l’homme au point de le détourner de l’essentiel et de faire de lui un esclave » (Ex, 20, 1-17). Si Jésus chasse les vendeurs du Temple, c’est aussi pour dénoncer la manière dont certains croyants vivent leur relation avec Dieu. Il faut acheter des animaux, les offrir en sacrifice pour recevoir en échange les faveurs divines. C’est du marchandage qui contredit le caractère gratuit du salut divin.

Le respect de la maison de Dieu.

Devant le geste prophétique de Jésus, les juifs lui posent la question de savoir par quelle autorité il agit ainsi, Jésus répond par une parabole apocalyptique. « Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai » (Jn 2, 19). Puisqu’il est lui-même, la présence de Dieu au milieu de son peuple, lorsqu’il parle de la destruction et du relèvement du Temple, il parle de son Corps et prophétise sa mort et sa résurrection. C’est bien ainsi que l’évangile interprète les paroles de Jésus à la lumière de l’évènement pascal.

Frères et sœurs, le respect du Temple que Jésus exige est la preuve de son grand amour pour le lieu où réside son Divin Père. A 12 ans, resté à Jérusalem dans le Temple, pendant que ses parents le cherchaient avec angoisse, Lui, il enseignait les docteurs de la loi, au lieu de s’égarer dans la ville à force de regarder la beauté des immeubles et des objets de la ville sainte. A ses parents, il dira : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché. Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison (ou aux affaires) de mon Père ? ».

Le corps et le cœur du baptisé, nouveau temple divin

Saint Paul disait aux chrétiens de Corinthe : « Vous êtes le Corps du Christ » (1Co 12, 27). Voilà où se fonde l’éminente dignité de l’homme. Plus tard, il affirmera avec plus de conviction : « Ne savez-vous pas que vous êtes le Temple de Dieu et que l’Esprit Saint habite en vous ? » (1Co 3, 16-17). Ainsi, ce n’est pas seulement le « Corps ressuscité de Jésus qui est le nouveau Temple, mais le « corps de tout baptisé ». Nous avons le devoir de chasser de ce temple tout ce qui le rend impur. Le temple qu’il faut purifier, c’est donc notre cœur, afin qu’il soit digne de la présence de Dieu et non pas une caverne de bandits. Notre cœur doit être allégé de toutes les crasses et de toutes les pourritures, pour être le lieu de la rencontre avec Dieu, une maison de prière propre et aérée. Notre corps doit cesser d’être un lieu de futilité, de désordres de tout genre. Cela demande de notre part, un engagement, un changement radical de mentalité. Le corps comme temple de Dieu mérite grand respect. Il faut y croire dès maintenant et s’y atteler.

Malheureusement, il y a de plus en plus des gens qui reprochent à Dieu de les avoir mal créés, à tel point qu’ils ne sont pas à l’aise dans leur corps. En général ce sont les femmes : soit elles sont trop grandes, soit trop courtes, soit trop maigres, minces, soit trop balèze, soit trop noir et il faut se dépigmenter, soit, soit…C’est difficile que Dieu habite dans le corps ou le cœur d’une personne qui se plaint du lever au coucher du soleil. D’autres recourent à la chirurgie esthétique pour parfaire ce qu’il accuse Dieu d’avoir mal fait en eux.

Glorifiez donc Dieu par votre corps (1Co 6, 19-20). La spiritualité du corps a un fondement théologique et nous savons que c’est l’incarnation. Elle détermine désormais le corps du chrétien qui le regarde comme un don et une offrande continuelle qu’il doit faire de lui-même à Dieu à travers sacrifices et louange en permanence. En débarrassant le Temple de ses marchands encombrants, Jésus le purifie et annonce la fin de l’ancien culte des sacrifices d’animaux et inaugure le culte véritable et éternelle en Son propre Corps. Chaque dimanche, le Confiteor (demande de pardon), l’Évangile et la Sainte Communion [sans oublier la confession] deviennent ces « fouets à cordes », efficaces grâce auxquelles Jésus vient changer notre cœur et notre vie, y extirpant l’ivraie et les idoles de toutes sortes (chacun peut lister les siennes : la gourmandise (le manger et le boire), les portables Android et les réseaux sociaux, le non-respect du couvre-feu, le retard, les absences répétées, en classe ou service. (Il y en a qui ont tué tous les membres de leurs familles à force de mentir qu’ils sont est allé à leur enterrement…), la critique et la calomnie faciles, la moquerie, les regards concupiscents, l’infidélité conjugale érigée en norme... Dieu vient nous aider à renverser et détruire le temple de notre orgueil, le sanctuaire de notre égoïsme et nos convoitises ainsi que notre désir de puissance et pouvoir de domination.

Pour avoir la force de détruire tout sanctuaire du péché en nous, nous devons puiser nos énergies dans la Croix du Christ. A l’une de ses sœurs qui lui avait demandé : « Que faut-il faire pour être sûre d’aller au ciel ? Sainte Bernadette Soubirous répondit aussitôt : « Bien faire le SIGNE de la croix, c’est déjà beaucoup ». Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit ! Amen !

 

Abbé Pingdwindé Guy Edmond KAFANDO

samedi 6 mars 2021

Deuxième dimanche de Carême. Année B

• Première lecture : Gn 22, 1-2. 9a.10-13

 • Deuxième lecture : Rm 8, 31b-34

 • Evangile : Mc 9, 2-10

 Chers frères et sœurs, souvenez-vous du mercredi des cendres où le prophète Joël nous lançait cette invitation à la fois personnelle et communautaire. « Revenez à moi de tout votre cœur » (Jl 2, 12). Chaque chrétien doit prendre le carême au sérieux, un temps de transfiguration de notre vie. C’est le Christ Jésus qui nous appelle à une profonde rupture avec nos pensées et notre style de vie. Ce retournement commence par un retour sur nous-mêmes, dans l’humilité véritable, car nous sommes très souvent orgueilleux, arrogants. Il est temps de nous présenter chez notre Père en serviteurs et en fils repentis afin d’être accueillis ; d’être embrassés par un Père qui nous aime tendrement. Il nous faut revenir à notre Père, car, seul un cœur délivré du mal peut combattre la haine, la jalousie, pour transmettre la paix et la joie. Frères et Sœurs, notre monde est habitué à la violence, au mépris de l’autre, à l’injustice, aux intrigues, à la recherche désordonnée du pouvoir, de l’avoir et du plaisir au mépris de la vie et de l’honneur du prochain. Il nous faut revenir à notre Père pour être revêtus de la dignité de fils et filles de Dieu que nous avons perdue à cause du péché. Il nous faut revenir à notre Père pour nous réconcilier avec lui et avec nos frères. Il nous faut revenir à notre Père pour connaitre la joie de vivre en frères et sœurs par le BAPTEME. Le baptême est pour nous ce qui est fondamental, primordial et existentiel. En effet, par le baptême nous sommes incorporés au Christ et notre mission est d’être Prêtre, Prophète et Roi. Vivons de nos promesses baptismales. En ce deuxième dimanche de carême, faire carême, c’est gravir la montagne avec Jésus, comme Pierre, Jacques et Jean. On n’y parvient pas tout de suite, il faut de la patience, de la confiance, de la persévérance, du courage. L’ascèse sert à combattre l’égoïsme, la haine, la jalousie, et l’amour de nous-mêmes. Elle nous ouvre à Dieu et au prochain. C’est une ascèse pour le bonheur ; le bonheur de la transfiguration. Il nous faut monter la montagne pour contempler les choses depuis le ciel. « Rabbi, il est bon que nous soyons ici : dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Elie » (Mc9, 5). En effet, Moïse et Elie, c’est-à-dire, la loi et les prophètes trouvent leur raison d’être dans l’Amour qui est Jésus Christ vrai Dieu et vrai homme et qui est aujourd’hui dans la gloire. Alors, gravissons la montagne de l’écoute de la Parole de Dieu, pour nous entendre dire : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le » (Mc 9, 7). • Gravissons la montagne de la prière • Gravissons la montagne de l’écoute du prochain • Gravissons la montagne de l’attention au pauvre, au petit, au faible et au malade, aux déplacés internes, car aujourd’hui, journée de mobilisation des ressources pour le Fonds de Solidarité Catholique Alfred Diban. • Gravissons la montagne de la docilité à la Parole de Dieu. Personnellement j’aime ce slogan : Une famille, une Bible. Saint Jérôme nous disait que méconnaitre la Parole de Dieu, c’est ignorer Dieu. • Gravissons la montagne du don de soi jusqu’à sacrifier ce qui nous est cher, comme Abraham sacrifiant son fils : « Dieu dit à Abraham : prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac » (Gn 22, 1-2) Quelle dure épreuve Dieu donna à Abraham. Combien d’interrogations ont pu trottiner dans sa tête. Dieu veut mettre en exergue la capacité du chrétien à laisser Dieu intervenir dans l’usage de ce qu’il est de ce qu’il possède. • Gravissons la montagne de l’humilité, de l’honnêteté, de la pureté, de la réconciliation, de l’amour du prochain. A vous tous, bonne montée vers Pâque 2021. Amen L’Evangile nous dit : « Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les amène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne et fut transfiguré devant eux » (Mc 9, 2). Jésus veut les avoir avec lui, près de lui ; il veut leur apprendre à s’accorder, à vivre en harmonie entre eux et avec Dieu ; il veut les libérer du sommeil de l’individualisme et de l’égoïsme sous toutes ses formes, et de la tristesse. Jésus veut les mettre en contact avec Dieu son Père. Le Jeudi saint, Jésus les voudra de nouveau à ses côtés, sur une autre montagne. Il les invitera à gravir la montagne de la Passion, de la Mort et de la Résurrection. Mais là encore, les disciples vont se laisser par le sommeil. Dieu nous veut près de Lui. « Revenez- à moi de tout votre cœur » (Jl 2 ,12) Carême 2021, bien chers frères et sœurs, je vous invite à vivre de toutes nos résolutions dans la JOIE. Je vous invite à vous plonger dans l’exhortation apostolique du pape François intitulé : « Evangelii Gaudium » du 24 Novembre 2013. La joie est une caractéristique du chrétien. « La joie de l’Evangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissant sauver par lui, sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement, avec Jésus, la joie nait et renait toujours » (Ev. G. N°1). Dans nos communautés, institutions, familles, ce qui indispose c’est voir un membre triste : Pourquoi, pourquoi, et pourquoi, des chrétiens tristes, des prêtres tristes, des grands séminaristes tristes : Un grand séminariste triste est un triste grand séminariste. Nous sommes tristes, pour annoncer et vivre la Bonne nouvelle. Nietzche disait: « Si les chrétiens qui annoncent la Bonne Nouvelle de la Résurrection, avaient des mines de ressuscité, le monde croirait davantage à eux » Et cette aberration encore : Un coiffeur chauve qui vante un produit pour faire pousser les cheveux. Le pape François nous invite à ne pas nous laisser voler la joie. Oui, que les cache-nez ne cachent pas notre joie, nos sourires. Le pape de nous dire : Ne nous laissons pas voler la communauté (92) joie. Ne nous laissons pas voler l’Evangile (97) joie. Ne nous laissons pas voler l’idéal de l’amour fraternel (101) joie. Ne nous laissons pas voler la force missionnaire (109) joie. Ne nous laissons pas voler notre joie du baptême, de mariés, du grand séminariste. Ecclésiastique 30, 21.25 Ne te laisse pas aller à la tristesse. Et ne t’abandonne pas aux idées noires La joie du cœur, voilà la vie de l’homme, La gaité, voilà qui plonge ses jours : Car la tristesse en a perdu beaucoup. Elle ne saurait apporter de profit. Passion et colère abrègent les jours. Les soucis font vieillir avant l’heure. Avec Mère Theresa, faisons de notre vie cet hymne La joie est prière. La joie est force. La joie est amour. Dieu aime celui qui donne avec joie. Ne te laisse jamais le chagrin nous noyer. Au point d’en oublier la joie du Christ Ressuscité Nous aspirons tous au ciel où est Dieu. Mais nous avons le pouvoir de nous trouver Dès maintenant dans le ciel : il suffit d’être heureux, joyeux avec Lui ; en l’instant présent. Bien chers frères et sœurs en Christ, Dans la joie de notre baptême, disons avec Pierre : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici, dressons trois tentes ». Dans la joie de notre baptême, soyons un facteur de la joie divine. Chrétiens, catéchumènes, ayez toujours le sourire aux lèvres, la gaieté du cœur, l’action de grâce à la bouche. Que le Seigneur bénisse notre temps de carême pour une vraie conversion, lui nous aimant, vivant pour les siècles des siècles. Amen. 

Abbé Bernard Frédéric COMPAORE 

Formateur

dimanche 21 février 2021

Dimanche 14 février 2021 6ème DTO Année B

 

GRAND SEMINAIRE SAINT PIERRE SAINT PAUL DE KOSSOGHIN

HOMELIE

Dimanche 14 février 2021

6ème DTO Année B

Lv 13,1-2.45-46 ; Ps 101 ; 1 Co 10,31 – 11,1 ; Mc 1,40-45

« Je le veux, sois purifié » Mc 1,41. « A l’instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié » Mc 1,42.

C’est magnifique quand notre prière, notre demande coïncide avec la volonté de Dieu. Elle est vite exaucée. Le premier thème que nous abordons ici touche l’efficacité de la prière.

Que n’entendons-nous pas : Je prie mais rien ne marche, Dieu ne m’aime pas. J’ai demandé ceci, cela, mais rien ; on dirait que Dieu ne m’écoute pas.

Au chapitre 11, verset 24 de son Evangile, St Marc nous dit que ce que nous demandons dans la foi, nous l’obtenons. Cela me rappelle bien l’enseignement de Jésus sur l’efficacité de la prière (voir Mt 7,7-11 ; Lc 11,9-13). Jésus met un parallélisme entre l’homme et Dieu pour nous montrer combien la prière peut être efficace. Il fait comprendre que malgré nous soyons mauvais, nous savons donner des bonnes choses à nos enfants, combien le Père céleste qui est plein de bonté ne donnera-t-il pas de bonnes choses à ses enfants qui le prient. St Luc précise ce qu’il faut entendre par « bonne chose ». Il remplace simplement « bonne chose » en Mt 7,11 par « l’Esprit Saint » (Lc 11,13). C’est ce qu’on entend dans la prière eucharistique IV qui dit le premier don fait aux croyants est l’Esprit Saint.

Que demandons-nous à Dieu dans nos prières ? Pour comprendre la demande du lépreux, replongeons-nous dans son contexte. Nous savons bien que la loi interdisait aux lépreux la communauté de vie (cf. Lv 13,46). C’est ce que nous avons entendu dans la 1ère lecture. En fait, tout le monde n’était pas admis dans les assemblées. Si nous continuons la lecture de Lv 13, nous verrons que même les chauves étaient admis à certaines conditions (cf. Lv 13,40-44). On pourrait faire le parallélisme avec la Covid aujourd’hui où on oblige nos frères malades à se retirer de la communauté.

Selon le texte de Lévitique (Lv 13,45), ce lépreux devait crier « impur, impur » en croisant les gens bien portant pour qu’ils s’éloignent au risque de se contaminer. Mais ce dernier brave cet interdit et s’approche de Jésus. Il avait soif de revenir à la vie, d’être proche de Dieu. Demandez à un confiné de Covid, quelle joie l’anime de retrouver la communauté. Sous oublier que la lèpre définissait en arrière fond une théologie du péché car le malade de la lèpre était vu comme un pécheur portant publiquement son châtiment. Ce lépreux demande à Jésus de faire de lui un enfant de Dieu comme les autres. Il était fatigué d’être stigmatisé.

Nos demandes dans les prières concernent-elles des choses qui nous rapprochent de Dieu ou qui nous en éloignent. St Luc nous apprend que Dieu ne refuse pas l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent (Cf Lc 11,13). Sachons donc prier !

La 2ème leçon que je tire des textes de ce jour se trouve dans l’injonction donnée par Jésus au lépreux. St Marc dit que le lépreux fut renvoyé (Mc 1,43). Le terme grec utilisé est « chasser ». C’est le même terme que St Marc utilise quand il parle de Jésus qui expulse les démons (cf. Les évangiles, textes et commentaires, Claude TASSIN, Jacques HERVIEUX, Hugues COUSIN, Alain MARCHADOUR, p.335). La raison du renvoi est bien connue : le secret messianique. Jésus a un objectif et il ne veut pas qu’on ne l’en empêche. On se rappelle de l’épisode de la première annonce de la passion. Quand Pierre a voulu le faire entendre raison, Jésus traite de Satan Pierre qui venait de le confesser comme Fils de Dieu : « Passe derrière moi Satan » Mc 8,33.

Jésus a son objectif et il est prêt à l’atteindre. Il ne se laisse pas distraire. Il nous donne un exemple. Pour le séminariste, son objectif dans cette maison est de former en lui un être sacerdotal et de façon élargie pour nous tous, chrétien, notre objectif est la vie éternelle.

Dans tout ce que nous ferons, notre objectif doit être en ligne de mire. Tout doit concourir à l’atteinte de notre objectif : les cours que je reçois, mes relations, les actes que je pose, tout… C’est pourquoi Saint Paul nous dit dans la 2ème lecture ceci : « tout ce que vous faites : manger, boire ou n’importe quoi, faîtes-le pour la gloire de Dieu » 1 Co 10,31. Saint Paul a raison donc de nous dire dans cette lecture de l’imiter comme lui-même Le fait du Christ (cf. 1 Co 11,1). Il court tout droit vers le but nous confie Saint Paul (cf. Ph 4, 12-14). Nous aussi, tout ce que nous ferons doit nous aider à atteindre notre objectif. Restons donc concentrés.

Que l’Esprit qui crie en nous « Abba » (cf. Rm 8,15-16) nous apprenne la vraie prière pour savoir prier le Dieu qui est capable de nous sauver maintenant et pour les siècles des siècles ! Amen !

Abbé Athanase BERE

dimanche 24 janvier 2021

Deuxième dimanche du temps Ordinaire (17/01/2021)

 

Deuxième dimanche du temps Ordinaire (17/01/2021)

(Année B)

                                                    Homélie

 

« Voici l’Agneau de Dieu »

     Se trouvant avec deux de ses disciples et posant son regard sur Jésus qui allait et venait, Jean le Baptiste dit : « Voici l’Agneau de Dieu ».

C’est un beau témoignage que Jean rend à Jésus. Et voici que deux de ses disciples qui entendirent ce qu’il disait se mirent à suivre Jésus jusqu’à sa demeure et ils restèrent auprès de lui ce jour-là.

1-« Voici l’Agneau de Dieu » (Jn 1, 36)

    Cette parole fut une lumière qui traversa l’esprit et le cœur des deux disciples qui se mirent à suivre Jésus. « Venez, et vous verrez » leur dit Jésus.  Les deux disciples n’ont pas hésité une seule minute. Tout de suite, ils allèrent et ils virent où demeurait Jésus. On peut imaginer la joie qu’ils éprouvèrent de rester  auprès de Jésus, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (Cf. Jn 1, 29). Ce titre d’Agneau de Dieu évoque dans l’Ancien Testament, l’Agneau pascal. Avant la sortie d’Égypte, Moïse avait donné l’ordre aux Hébreux d’immoler un agneau dans chaque famille et de mettre du sang de l’agneau sur la porte de leur maison. Ce sang a préservé de la mort tous les fils des Hébreux, dans la nuit où l’ange exterminateur fit périr tous les premiers-nés des Égyptiens. C’était l’annonce du sang de Jésus qui viendrait nous sauver du péché et nous préserver de la mort éternelle. Le prophète Isaïe rependra plus tard cette figure de l’Agneau pour désigner le Messie qui, par ses souffrances et sa mort sanglante, viendra réparer les péchés du monde. Donc Jean-Baptiste en donnant à Jésus ce titre d’Agneau de Dieu entend bien le désigner comme le Messie. Et c’est ce que repend aussi le disciple André devant son propre frère Simon en lui disant : « Nous avons trouvé le Messie ». Alors Jésus posa son regard sur Simon et dit : « Tu es Simon, Fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas »-ce qui veut dire : Pierre. Ce témoignage de Jean sur Jésus doit provoquer en nous, comme ce fut le cas chez ses disciples, un amour pour Jésus, en qui nos péchés sont pardonnés. Quelle chance pour nous d’avoir un tel Agneau, doux et humble de cœur, en qui nos âmes trouvent repos. Que nous reste-il donc à faire ? Sinon marcher dans la lumière de Dieu, dans la lumière de l’Agneau, nous attacher à lui fermement, demeurer avec lui pour toujours.

 

2-Marchons dans la lumière de Dieu

   L’Agneau de Dieu est notre lumière. « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » dit Jésus (Jn 8, 12). Suivons donc Jésus, Lumière  du monde, adorons-le .Vouons-lui tout notre être : corps âme,  esprit. Que notre vie lui rende gloire. Fuyons la débauche comme le recommandait fortement l’apôtre Paul aux corinthiens qui avaient commencé à vivre dans le désordre sexuel, attirant ainsi la colère de Dieu sur eux. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, pourvu qu’on en penne la résolution et qu’on l’exécute. Nous cheminons les uns par les autres, les uns avec les autres. « L’homme est un remède pour l’homme ». André amène son frère Simon à Jésus. Le prophète Élie aide le jeune Samuel à répondre à l’appel de  Dieu. Tout est grâce ! Soyons des « Pierres vivantes » qui servent à construire le Temple Spirituel (1 Pe 2, 5) et n’oublions jamais que notre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint. Nous ne nous appartenons plus à nous-mêmes, car nous avons été achetés à grand prix, au prix du sang versé par Jésus Christ et nous sommes fiers de lui appartenir. Pour terminer, nous chantons :

- C’est une belle chose de servir le Seigneur (3 fois). Marchons dans la lumière de Dieu !

 - Walk in the light (3 fois). Walk in the light of God!

·        Prêtres du Seigneur, servez le Seigneur dans l’allégresse !

·        Et vous Séminaristes, prenez votre vocation au sérieux ! Il est fidèle le Dieu qui vous appelle.

·        Et vous parents, aimez vos enfants, souhaitez-leur du bien et non pas du mal.

·         Et vous enfants, honorez vos parents et vous aurez une longue vie sur la terre.

Toutes et tous, marchons dans la Lumière de Dieu !

 

Ab Charles KALMOGO

Formateur